L’immersion par le son et le texte

Salut à tous,

Ce mois-ci, je vais développer un point évoqué dans l’un des tous premiers articles de ce blog, à savoir l’immersion par le son et le texte appliquée au monde du jeu vidéo.

On a compris depuis longtemps que le jeu vidéo n’était pas qu’une question de graphisme. Bon nombre de jeux se sont fait connaître par leur bande son, par la richesse de leur gameplay ou celle de leur écriture scénaristique. J’ai cependant l’impression que l’image reste excessivement mise en avant, ce qui est logique puisque la vue est le sens le plus exploité dans notre société. Ainsi, un jeu vidéo qui ne mise pas du tout sur ses graphismes sera forcément un jeu à petit budget, un jeu indépendant.

Je n’ai rien contre les jeux indépendants, bien au contraire. Ces dernières années, ils ont amplement montrés leurs forces. Certains ne jurent plus que par eux et, face à cette concurrence, les « triple A » ont reçu la réputation d’être peu originaux. Opposer les « triple A » aux jeux indépendants n’est cependant pas l’objet de cet article. Ce dont je veux parler, c’est qu’il est dommage que l’industrie mise tant sur l’image.

De manière générale, l’image, le son, le texte, ce sont des moyens pour raconter une histoire, faire vivre une expérience. Si on vise l’immersion, l’intérêt du texte n’est plus à démontrer. Des millions de livres ont emporté leurs lecteurs dans des voyages inoubliables. Se nourrissant du texte, l’imagination fabrique ses propres images et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’en général, lorsqu’on voit l’adaptation d’un livre en film, on est déçu, le film n’est pas conforme à ce qu’on s’est imaginé. Et que dire du son ? Regardez un film d’horreur sans le son, et vous mesurerez toute son importance. Comment trembler sans la tension du violon ? Le son est follement évocateur. Parfois, quelques notes suffisent pour émouvoir aux larmes. Je crois d’ailleurs avoir entendu que le son stimulait davantage les émotions que l’image car le son est plus rapidement traité par le cerveau que les images.

Le jeu vidéo est un média qui est à la croisée des chemins. Il peut emprunter au cinéma, à la musique, au roman… pour raconter ses histoires. Et chaque jeu est libre de choisir dans quoi il pioche et dans quelle quantité, afin d’engendrer la mixture idéale. Je pense que le texte et le son sont à eux deux largement assez immersifs pour se passer d’image, si bien sûr le gameplay s’y prête. Cela n’empêche pas de faire un support graphique élégant, mais il peut être juste là pour accompagner.

Bien sûr, beaucoup de joueurs sont avant tout en recherche de graphismes époustouflants. Cette formule qui mise avant tout sur le texte et le son ne leur conviendra pas. Mais d’un autre côté, les graphismes d’un jeu représentent l’un de ses plus gros coûts financiers. En se passant de graphisme, il devient possible de réinvestir ces sommes d’argent ailleurs et de faire des économies. Cerise sur le gâteau, rendre un tel jeu accessible aux non voyants devient facile et du coup, cela donne un atout marketing.

L’un dans l’autre, un jeu vidéo à gros budget, misant avant tout sur le texte et le son, pourrait être vraiment efficace et rester viable économiquement.

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